dimanche 24 mai 2009, 18:27
DEBAT A VALENCIENNES EN VUE DES ELECTIONS EUROPEENNES
Les services publics occupent une place centrale dans notre vie quotidienne.
Cette notion de service public s’est constituée au carrefour de valeurs fondamentales.
Les services publics ont de tout temps été caractérisés par une mission d’intérêt général. Leur finalité n’était donc pas la rentabilité financière mais la satisfaction des besoins humains, le partage par tous du progrès.
C’est le choix de société auquel ce gouvernement et l’Europe tourne résolument le dos. Voilà qu’il s’attaque désormais à la santé.
L’hôpital public à la française est une réalisation qu’on nous a longtemps enviée, qu’on nous envie un peu partout dans le monde. A juste titre, la qualité des soins, les liens entre hôpital et université, entre hôpital et recherche, toutes ces caractéristiques ont fait la force de l’hôpital public.
Ces services publics que les évolutions récentes de la société bien loin de démoder, rendent plus actuels que jamais, subissent des attaques de toutes parts, font l’objet d’une entreprise de démantèlement sans précédent laquelle si nous laissons faire va transformer l’identité profonde de l’espace social de notre pays en ce qu’il représente de solidarité, d’outils d’impulsion économique et de levier démocratique.
Quel que soit le rand qu’on occupe dans la société, l’hôpital vous prend en charge et vous soigne avec la même compétence, le même dévouement des équipes. C’est une chance, si l’on compare avec les très inégalitaires méthodes anglo-saxonnes par exemple il n’y a pas photo.
Pourtant l’hôpital public est aujourd’hui bien malade. Malade d’une logique comptable qui n’en finit plus, restrictions après restrictions de l’asphyxier.
Après la pénurie organisée des hommes et des lits, la tarification à l’activité a mis l’hôpital en quasi état de faillite.
Résultat : 29 des 31 CH Universitaires ont un compte d’exploitation négatif, le déficit « programmé » des hôpitaux dépasse, comme attendu d’ailleurs les 860 millions d’euros. Pendant ce temps la Générale de Santé qui possède 180 cliniques privées a versé 420 millions d’euros à ses actionnaires. Le secteur des cliniques privées se développe et se restructure sous l’emprise des Fonds d’Investissement Internationaux exigeant des taux de rentabilité financière entre 15 et 20 %. On est tout de même loin de l’acte de soin, le rendement financier avant tout !!!
Ce n’est pas l’état qui étrangle l’hôpital et leur inflige ce déficit qui sera transféré devant les juges, mais l’infirmière harassée, le médecin débordé, l’urgentiste esseulé qui aligne les heures supplémentaires. C’est scandaleux.
Non, la santé des Français ne coûte pas trop cher ! la progression de ces dépenses est liée d’évidence à des pathologies de plus en plus nombreuses subies par nos concitoyens et liées à la trop grande précarité qui s’installe dans tous les foyers, à la peur du lendemain.
Et puis, quand même on ne peut pas nier que la progression des dépenses est aussi une marque de développement, le témoignage d’un allongement de l’espérance de vie, un progrès de civilisation à condition que chacun soit assuré d’être bien traité quel qu’en soit son origine sociale, riche ou pauvre.
Or, les franchises médicales pèsent bien plus lourd dans le budget des ouvriers que dans celui de leur patron. Et les premiers vivent huit ans de moins en moyenne renonçant souvent à des soins qu’ils ne peuvent payer. Un peu de justice fiscale permettrait de mobiliser les sommes nécessaires à l’équilibre des comptes sociaux si par exemple les revenus boursiers cotisaient comme les autres, 13 milliards d’euros rentreraient dans les caisses.
Ce n’est pas dans la direction que prend ce gouvernement avec la loi HPST, je fais court. C’est demain l’hôpital entreprise avec des directeurs mercenaires, la mission première du directeur est d’obtenir l’équilibre financier.
Et c’est pour cela qu’il doit avoir tous les pouvoirs en devenant un PDG au salaire variable en fonction des résultats. Il pourra être révoqué s’il ne les atteint pas. Que vont faire les nouveaux PDG des 29 sur 31 CHU en déficit ? Ils vont développer les activités rentables (chirurgie simple) et réduire les activités non rentables (chirurgie complexe, SIDA).
Et comme cela ne suffira pas, les nouveaux PDG hospitaliers vont diminuer le nombre des personnels sans autre justification que l’équilibre des comptes. Il nous faut imposer une autre logique basée sur la solidarité et la réponse aux besoins des territoires.
Je ne veux pas être trop long malgré tout il m’est difficile de ne pas dire quelques mots sur la Poste et l’EDF GDF.
Le Président de cette première JP BAILLY travaille depuis quelques temps sur la communication et livre une véritable bataille idéologique.
Son refrain : convaincre sur le caractère inéluctable de la privatisation et rassurer sur ses conséquences. Les messages lancés depuis quelques mois sont clairs. Ne vous inquiétez surtout pas. Tout va bien se passer, comme s’il y avait ici ou là différentes privatisations dures ou douces.
Cette communication savamment orchestrée n’est en fait qu’au service d’un choix idéologique et capitaliste dont l’objectif est l’appropriation par quelques uns des fruits du travail du plus grand nombre.
La privatisation de la Poste qui réalise près de 21 milliards de chiffre d’affaire et 943 millions de bénéfices n’a d’autre objectif que de répondre à cette exigence.
La privatisation de cette activité ne tombe pas du ciel comme l’orage au mois d’août. Il s’agit d’un choix réfléchi, d’un choix libéral puis dans l’intérêt d’une classe pour la construction d’une société à sa guise.
Il existe un lien entre la volonté du gouvernement de satisfaire la loi du marché, celle du patronat de privatiser et celle de l’UE de faire des activités postales une marchandise.
Certains enchaînements de décisions sont de ce point de vue exemplaires, il y a quelques mois la Commission Européenne réunissait les opérateurs postaux pour accélérer le processus de libéralisation dans chaque état.
L’occasion était donnée au Commissaire Charlie Mac CREEVY chargé de la libéralisation du courrier de déclarer s’il est particulièrement inacceptable que les marchés postaux deviennent encore plus fermés au lieu de s’ouvrir. Je ne peux pas accepter cela. Une semaine plus tard comme gage de bonne volonté le Président de la poste communiquant sur l’ouverture du capital de l’entreprise.
Pour le gouvernement et le patronat, la privatisation répond à plusieurs enjeux dont celui de la rentabilisation du capital dans un contexte de concurrence postale exacerbée.
Or, cette concurrence se traduit par des milliers de suppressions d’emploi, de délocalisation, de fermetures de site, par des prestations diminuées, des tarifs en constante augmentation et des records de bénéfices.
Prenons le cas de l’énergie. Aujourd’hui EDF affiche 3,6 milliards d’euros de bénéfices. Sa sœur jumelle GDF SUEZ 6.4 milliards d’euros de bénéfices, il y a peu ces entreprises n’en faisaient qu’une EDF-GDF était partie intégrante du service public et était l’une des entreprises les plus fortes d’Europe.
C’est pour cela que le grand patronat, SUEZ en particulier (aidé par …………….) n’a eu de cesse d’en obtenir le dépeçage pour la racheter.
C’était pourtant un engagement ferme de notre Président actuel que de ne pas la privatiser. Il l’avait déclaré le 19 mai 2004 : EDF et GDF sont de grands services publics. Elles le resteront, ce qui signifie qu’elles ne seront pas privatisées. Les directions d’EDF-GDF veulent maintenant ………… les activités et fermer les structures de proximité. Non pour proposer un service meilleur mais pour des raisons de coût.
Dans le secteur de l’énergie se pose la question de la fin des ressources pétrolières, des nouveaux modes de production de l’électricité. Quelle est la réponse de l’Europe ? Démembrer EDF et Encourager les marchés financiers à investir cette activité au motif qu’elle a rapporté 8,9 milliards en 2008. Le profit toujours le profit, mais quand vient le tour des femmes et hommes qui travaillent ? (je salue)
Les richesses existent, nous les produisons tous ensemble. Mieux les partager c’est non seulement un droit mais une nécessité pour le développement humain.
D’ici quelques semaines, nous aurons le 7 juin l’occasion de changer cette europe, de dire : nous voulons un autre monde de développement juste et propre. Vos luttes pour les emplois, les salaires, le service public pose toutes ces questions. C’est pour cela que nous, communistes, nous en sommes.


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