Après les directives des services postaux adoptées en 1997 et 2002, la commission européenne a décidé, l'année passée, de clore le processus de privatisation de La Poste en libéralisant l'ensemble des activités postales en 2011. Cette mise en concurrence et cette privatisation, marchande, dogmatique, précipitée va à l'encontre de l'égalité des citoyens et de la solidarité des territoires. Observons que plus globalement, cette décision politique est intégrée dans un processus de restrictions et de coupes sombres des services publics avec la mise en place de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) qui prévoit une cure drastique d'amincissement de l'Etat. Sous prétexte de modernité le gouvernement organise un immense plan social sans précédent prévoyant des milliers de suppressions d'emplois. Cette stratégie délibérée va une nouvelle fois contribuer outre la suppression des emplois, à accélérer les transferts de charge vers les collectivités locales et territoriales avec le risque en corollaire d'une augmentation des tarifs EDF GDF et des taxes locales. Cette situation est inacceptable et je m'y oppose avec détermination. Déjà de nombreux bureaux de postes subissent des horaires d'ouverture restreints, certains même disparaissent de la carte, les heures de distributions ou de départs de courriers sont modifiés, les centres de tris sont restructurés et s'éloignent de plus en plus. Déjà certaines communes ont dû réaliser des investissements importants et employer du personnel afin de conserver une agence postale et répondre aux besoins de leurs concitoyens. C'est anormal, il est évident que ce type d'investissement se fera au détriment de ce qui existe déjà dans d'autres domaines, tel que le social ou l'entretien des bâtiments, voies et réseaux. En EUROPE, les privatisations réalisées à ce jour ont donné des résultats désastreux, elles ont ainsi généré, entre autres, une hausse des prix, la fin du prix unique du timbre-poste, des suppressions massives d'emploi, la perte des garanties statutaires des personnels concernés et la fermeture de nombreux bureaux de poste. La Poste doit demeurer un service public de proximité et de qualité. C'est une exigence essentielle pour répondre aux besoins des usagers quelque soit le lieu, rural ou urbain. C'est aussi la garantie d'un aménagement durable du territoire. C'est enfin la qualité du service rendu aux populations qui doit primer à La Poste et non la rentabilité financière. Aussi, il est indispensable que l'Etat propose d'autres choix politiques, qu 'il s'engage réellement à garantir l'égal accès des citoyens au service postal, qu 'il prenne de toute évidence, ses responsabilités pour assurer la pérennisation financière de La Poste. En conséquence, je m' associe sans réserve à la mobilisation des personnels, des usagers et de tous les élus pour défendre le maintien du service public postal. »